L’aquaplanage : sournois !

Avec la fonte des neiges et les pluies printanières, les automobilistes sont susceptibles d’être victimes de l’aquaplanage qui se caractérise par une absence de contact des pneus avec la route mouillée.

Où peut-il se manifester ?

Partout où l’eau peut stagner. Les routes très fréquentées possèdent généralement des sillons susceptibles de retenir de l’eau; entre deux virages consécutifs, la route ne présente habituellement pas de pente latérale à cet endroit, favorisant l’écoulement de l’eau. De plus, pendant les fortes averses, l’aquaplanage peut survenir à tout moment. Enfin, lorsque l’eau de fonte ou de pluie s’écoule d’un talus sur la route, elle crée une situation propice au phénomène.

Des signes annonciateurs

Lorsque tout à coup, les traces foncées laissées par les pneus de la voiture précédente s’effacent directement derrière elle, c’est mauvais signe. De même, lorsque le véhicule précédent provoque de fortes aspersions latérales, on doit se méfier. Ces deux indices requièrent le sens de l’observation .

S’il est bon de pouvoir identifier les indices fournis par les voitures autour de nous, il ne faut pas pour autant ignorer ceux que nous procure notre propre véhicule. L’aquaplanage ne saurait tarder lorsqu’on a la désagréable sensation que les roues avant ne s’accrochent plus au sol. Cette même impression peut survenir pendant le freinage, surtout lorsqu’il n’y a pas de décélération sensible. Si vous notez une augmentation du régime du moteur, sans que vous ayez changé la position de l’accélérateur de votre traction avant, vous saurez alors que vous commencez à flotter. Une voiture à propulsion arrière ne présente pas le phénomène d’une façon aussi marquée. Enfin, un fort bruit d’eau dans les puits d’aile indique sans équivoque le sérieux de la situation.

L’eau n’est pas la seule cause

Bien que l’eau soit le principal responsable de l’aquaplanage, d’autres facteurs doivent s’y associer pour transformer votre voiture en bateau. Ainsi, la vitesse joue un rôle de première importance sur lequel il est utile de s’éterniser. L’énoncé de la prochaine cause constitue une jolie lapalissade puisqu’il s’agit de l’épaisseur de la couche d’eau: le danger croît avec la hauteur de son niveau.

La profondeur et le dessin de la semelle des pneus ne peuvent être ignorés puisque, pour que ceux-ci soient en contact étroit avec la chaussée, il leur faut écarter l’eau qui forme une couche plus ou moins épaisse sur la route. C’est donc dire qu’ils doivent chasser l’eau devant eux, derrière et surtout de côté. Malheureusement, une partie de l’eau se maintient sur place parce que la faible durée du contact, quelques millisecondes, ne lui permet pas de s’échapper. Si l’eau ne peut être évacuée sur les côtés ou par les rainures de la bande de roulement ou que les rainures sont trop peu profondes, il se forme une couche incompressible, une vague devant le pneu, et celui-ci aura tendance à monter sur cette vague le séparant ainsi de la surface du sol, d’une manière identique à une couche de verglas.

D’autres éléments peuvent générer l’aquaplanage. À dessins identiques de semelle, des pneus larges flottent plus rapidement que des pneus étroits. De plus, il faut s’assurer que les pneus soient gonflés à la pression recommandée par le manufacturier puisqu’il s’agit d’un facteur important pour obtenir l’écoulement optimum de l’eau par les rainures de la bande de roulement. D’autre part, le coefficient d’adhérence de la route joue aussi un rôle non négligeable. Enfin, il appert que des amortisseurs usés à 50% augmentent les risques d’aquaplanage de 10 % à 15 %.

Peut-on l’éviter ?

La règle d’or consiste à réduire la vitesse lorsqu’il pleut ou lorsqu’on soupçonne la présence de flaques d’eau. En effet, des pneus roulant à grande vitesse sur une chaussée mouillée doivent déplacer beaucoup d’eau de façon extrêmement rapide pour demeurer en contact avec le sol. Il est fortement conseillé de doubler les distances de sécurité, autant latéralement que longitudinalement. Enfin, il faut circuler légèrement à côté des traces où des canaux se créent; ceci s’avère moins hasardeux.

Comment « surnager » malgré tout

Premièrement, il ne faut pas bouger le volant. Toutefois s’il a déjà été braqué, sans que la voiture ne réagisse, on le ramène doucement dans la direction de la voiture car, si les roues braquées se retrouvaient tout à coup sur le sol ferme, la voiture sortirait de la route en fonction du braquage. Ensuite, on relâche l’accélérateur pour réduire la vitesse tout en plaçant la transmission au neutre et en freinant légèrement, sans bloquer les roues. Enfin, on embraye seulement lorsque les pneus sont à nouveau en contact solide avec le sol. Si par malheur on a perdu le contrôle du véhicule, on n’a pas d’autre chose à faire que de placer les roues en ligne droite et d’appuyer à fond sur les freins jusqu’à l’immobilisation de la voiture.

Référence du texte www.caaquebec.com